dimanche, 06 juillet 2008
l'invitation du président syrien est une insulte
Je me souviens de l'émotion considérable qui a gagné tout et tous : j'écoutais à la radio, on repassait en boucle le récit des ces attentats qui frappaient d'autant plus qu'ils étaient les tout premiers de cette ampleur et de cette nature, les premiers attentats suicides à frapper une force militaire. On sentait, ceux du moins qui étaient sensibles à la question militaire et c'était mon cas, qu'on venait d'entrer dans une phase nouvelle et qu'un tabou était tombé. Ces soldats appartenaient à la Force Multinationale de Sécurité, envoyée par l'ONU.
Dans la chambre que j'occupais en haut d'un immeuble derrière la rue de Rivoli et de laquelle on apercevait un bout de l'ancien Hôtel Intercontinental, j'écoutais, consterné pour les conséquences que ces événements pouvaient avoir pour l'avenir en général de l'Armée Française, et en particulier pour le maintien de sa présence au Liban qui semblait remis en cause voire impossible. Avec la crainte que les courants défavorables à l'Armée française s'emparent de cette occasion pour exiger le retrait des forces françaises, là-bas, et ailleurs.
On parlait en boucle du dévouement du Lieutenant de La Bâtie, mort de ses blessures dans cet attentat, et on repassait la déclaration sobre et digne de son père : "il a fait son devoir".
Puis, je me souviens, tandis que la radio parlait, avoir dit à haute voix : "Aujourd'hui je suis fier d'être Français". On venait de diffuser la déclaration de François Mitterrand qui s'était rendu sur place, à Beyrouth, annonçant que la France ne renoncerait pas :
" La France est, et restera, fidèle à ses traditions et à son Histoire. En servant, ici au Liban, elle ne défend pas autre chose que la paix".
D'un seul coup, je sentais que j'appartenais à une France, nouvelle peut-être et certainement, différente de ce qu'elle avait été jusque là, mais qui par-dessus cette différence révélait superbement une forme d'essentiel sacré qui transcende les générations.
Deux ans plus tard, je m'envolais pour six mois au Liban Sud, au sein des Casques Bleus français de la Finul. J'avais croisé au début de mon service militaire le Capitaine Ménard, qui avait perdu presque la totalité de sa section du 1er RCP dans l'attentat du Drakkar, et le Major Bouchenafa (depuis devenu officier après une carrière prestigieuse), qui avait servi à la sécurité de la Résidence des Pins à Beyrouth (la résidence des ambassadeurs de France).
Il n'est pas normal que des relations diplomatiques, par ailleurs parfaitement logiques, entre la France et la Syrie, soient confondues avec la fête nationale - et je dis ceci bien que la fête du 14 Juillet n'évoque rien pour moi - cette fête étant une occasion militaire où l'on rend honneur traditionnellement aux unités de l'Armée Française, très fières d'être désignées pour y participer et descendre les Champs-Elysées.
Au surplus, cette cérémonie du 14 Juillet cette année est placée sous l'égide du 60° anniversaire des Opérations de Maintien de la Paix, c'est à dire des Casques Bleus qui depuis 1948. Ces Casques Bleus qui ont reçu le prix Nobel de la Paix en 1988, recueilli en leur nom par Javier Perez de Cuellar.
Décidément, c'est bien la volonté de tout choquer, de tout heurter, qui anime aujourd'hui tout geste de ceux qui dirigent cette sombre époque.
23:01 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : casques bleus



Commentaires
Merci pour cette belle note
Ecrit par : angelita | lundi, 07 juillet 2008
Merci à toi Angélita !
Ecrit par : Michel | lundi, 07 juillet 2008
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